Publié le par John l'Archiviste

Le soft power de Google nous perdra-t-il ?

Après l’épisode de l’immobilier sur les services de Google, on peut se demander si la maxime informelle de Google « Don’t be evil » ne présagerait pas du pire, et surtout du contraire…

On se souvient en effet de la mise en place d’un service de recherche de biens immobiliers sur les plateformes Google en janvier 2010 qui avait fait l’effet d’une bombe dans le secteur.

Après avoir proposé gratuitement des outils d’étude comportementales et statistiques, des outils d’AB-testing et autres solutions pour auditer et améliorer gratuitement son site, Google a lancé son service de recherche de biens immobiliers. Avec la ferme intention d’ingérer une à deux sociétés par mois…
Comment ne pas atteindre un tel objectif quand on dispose des toutes ces informations librement consenties !

Et c’est bien le même type de politique qui vient de s’opérer pour les comptes utilisant les applications Google : après avoir offert gratuitement l’utilisation d’applications pour les entreprises, le nombre de compte gratuit vient d’être limité.
Une option payante est maintenant mise en place pour chaque compte supplémentaire, au delà de 10 comptes.
Et cette bascule s’opère suffisamment tard pour que certaines entreprises aient fait le choix de migrer vers ces services.

Si depuis le début de la monétisation de services informatiques on utilise des licences comme le shareware pour définir une prestation gratuite à des fins d’évaluation, et qui à terme sera – à juste titre – payante, cette façon d’opérer de la part du géant de Montain View est pour le moins inquiétante.
Elle a d’abord un effet d’appel avec la gratuité conjuguée à l’excellence des services, mais pourrait vite tourner à la une prise d’otage !

Que dire si demain Gmail, Google Analytics devenaient payant ?
Combien de sites articulent leurs contenus autour d’application comme Google Maps ?
Pour des raisons de préservation des informations, pour des contraintes de déploiement ou simplement par facilité, combien se sentiront obligés de « choisir » de payer ?

Ce n’est donc pas la rémunération des services qui est à remettre en question (qui reviendrait sur la qualité des services que Google propose ?) mais bien de cette stratégie qui consiste à profiter de l’effet d’aubaine de la gratuité pour mieux contraindre les utilisateurs qui s’y engagent librement…

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